LOI LRU et LOI CPE

L'expérience des luttes au Havre

Julie Amadis

samedi 10 novembre 2007

 

La loi LRU (liberté et responsabilité des universités) s'intègre au projet global de la bourgeoisie. Après s'être attaqué au quart des plus pauvres avec la loi CPE, elle veut transformer les deux autres quarts juste au-dessus, ceux de la population qui n'ont pas encore basculé dans la précarité, les minima sociaux ou la Sdification ,en nouveaux valets bon marché des capitalistes.

Quant au quart supérieur, les enfants des riches, ils devront rentrer dans le rang conformiste.

 

BAISSE DE CERTAINES FILIÈRES

Depuis que la loi LMD (licence master doctorat) a été mise en place dans les universités avec la complicité des profs, le nombre d'étudiants en post licence a déjà baissé dans plusieurs endroits. Un professeur d'histoire de l'université du havre expliquait en 2006; première année d'application effective de la loi, que le nombre d'étudiants en 4ème année d'histoire avait déjà considérablement baissé. Les étudiants des classes populaires hésitent à s'engager pour 5 ans (master) au lieu de 4 ans (Les Maîtrise) et pour 3 ans (Licence) et n'ont plus la possibilité de s'arrêter au bout de 2 ans d'étude avec un Deug.

 

RÉDUIRE LE NOMBRE D'ÉTUDIANTS

Cette réduction des effectifs n'est pas assez importante aux yeux de la bourgeoisie et de la haute formoisie. Il faut payer les bourses, construire des logements sociaux... Et, en plus, "ils piquent les places de nos enfants!! " pensent ils.

Donc, il faut encore réduire les effectifs !! On va donc présélectionner en première année afin que les enfants des pauvres qu'on a orienté vers des bacs technologiques et professionnels ne puissent surtout jamais avoir l'occasion de rattraper le niveau culturel des enfants des plus riches.

Grâce à cette loi élitiste, le nombre de diplômés baissera et la masse salariale aussi. Et, s'il manque des gens qualifiés, ce n'est pas un problème pour les possédants qui délocaliseront dans les pays où la main d'œuvre diplômés est meilleur marché ou qui importeront des travailleurs qualifiés des pays pillés.

 

LES MIETTES DE L'IMPÉRIALISME

Là-dessus, la formoisie récupère ce qu'elle a semé. Car tant que les délocalisations ne touchaient que les non qualifiés, les travailleurs qualifiés laissaient faire !!

Aussi, les syndicats de salariés n'ont jamais joué le jeu de la solidarité avec leurs camarades du Tiers Monde. Ils se sont contentés de récupérer les miettes de l'impérialisme en s'en foutant complètement du sort des travailleurs du Sud et sans imaginer que ce fonctionnement allait se retourner contre eux.

 

Toute activité scientifique (déjà bien corrompue par ailleurs : peu nombreux sont les véritables chercheurs ne travaillant pas uniquement pour le salaire!) qui, par sa nature n'est pas au service de la bourgeoisie (les sciences humaines entre autres) disparaîtra car les entreprises du CAC 40 ne choisiront pas de les financer.

FILIÈRES RENTABLES

FILIÈRES SANS CRITIQUES

Celles-ci ne garderont que les filières scientifiques pouvant leur être utiles d'une manière ou d'une autre; qui pourront servir à protéger le capitalisme et l'impérialisme (armée, police) et elles créeront de nouvelles filières propres aux compétences requises par les multinationales. Si bien qu'un diplômé - détenteur d'un diplôme ultra spécialisé - mis à la porte de l'entreprise qui aura "payé sa formation" et "choisi les contenus" ne pourra retrouver un travail. Elles pourront ainsi aliéner les salariés diplômés à elles comme le sont aujourd'hui les non-qualifiés.

Cette loi est à l'image de la bourgeoisie réactionnaire et rétrograde qui craint l'innovation par crainte que l'innovation puisse être au service des rebellions.

 

LA BOURGEOISIE CRAINT LA RÉVOLUTION

Elle fait donc des lois allant à l'encontre de son intérêt à long terme car l'investissement dans la formation est rentable économiquement.

La bourgeoisie sent que la fin de ses privilèges est programmé. Et donc, elle fait des petits calculs sur du court terme en combattant tout ce qui est progressiste.

 

ANNIHILER LE MOUVEMENT ÉTUDIANT

Aussi la LRU vise à annihiler tout mouvement social étudiant et, en excluant les représentants syndicaux, en renforçant le représentation des "personnalités extérieures", en affaiblissant la représentation des IATOSS et en acceptant la présence des chefs d'entreprises, à changer les rapports de force trop favorables aux gauchistes selon le goût de la bourgeoisie.

 

GÉNÉRALISER LA PRÉCARITÉ

Bien sûr, on n'oublie pas de précariser un peu plus. On fabrique de nouveaux précaires en les empêchant d'accéder aux études supérieures et on dans les facs, elle-même, on choisit d'embaucher des emplois précaires à la place des titulaires

Les étudiants doivent donc orienter leurs actions vers les plus pauvres, vers ceux qui sont déjà victimes des lois destinées au quart des plus pauvres de la société. Ce fut le but de la loi CPE.

 

L'EXEMPLE NANTAIS

Comme le souligne les étudiants de l'AG du 12 octobre de Nantes : "s'enfermer dans une lutte sur la seule loi "LRU" en restant aveugle à son contexte idéologique et aux autres luttes sociales fragiliserait inévitablement un mouvement, facilitant sa récupération par les grandes directions syndicales et leurs belles gueules médiatiques. Nous rappelons que la solidarité ne doit pas être un vain mot mais une réalité que nous devons rendre concrète à chaque instant".

Le combat ne doit donc pas se focaliser sur cette loi touchant les jeunes qui sont privilégiés( les étudiants) mais s'intégrer dans un combat plus global contre le capitalisme et l'impérialisme qui touche d'abord les terriens du Sud et les plus défavorisés au Nord.

 

ÉLARGIR A TOUTE LA POPULATION

La coordination nationale doit donc être élargie à l'ensemble de la population. Cela suppose de modifier le mode de désignation des délégués qui actuellement ne représentent rien d'un point de vue démocratique. Pour avoir assisté aux AG de l'université du Havre lors du mouvement du CPE, j'ai pu observer la façon dont les pseudo élections se déroulaient :

A la tribune des AG, nous avons les mêmes meneurs que les années précédentes; qui cachent leur absence de réflexion quant aux perspectives du mouvement en ramenant leur grande gueule. Ces personnes proposent aux spectateurs de l'AG d'être volontaires pour participer aux comités de grève. En général ces personnes ne sont pas les plus intéressantes du mouvement car ils recherchent plus souvent le copinage et le "m'as tu vu" que l'avancée du mouvement.

A la fin de l'AG, après nous avoir fait un discours sur le fait que "eux passent du temps pour le blocage", qu' "ils sont les courageux qui se privent de sommeil pour le collectif", ils nous demandent - à nous spectateurs - de lever la main si on accepte ce comité. Forcément, la plupart des étudiants ... acceptent ce "comité" en bloc.

 

FAUX ÉLUS EN BLOC

Ce comité, parce qu'il a été "élu", se permet d'agir en total liberté sans demander l'avis des étudiants : ils décident des mots d'ordres, décident souvent entre eux des personnes qui iront à la coordination nationale défendre on ne sait trop quoi (on a vu, en 2006, Le Havre "devenir" la ville la plus réactionnaire du mouvement anti-CPE sur des mots d'ordre jamais discutés en AG (cf Libé))..., arrachent les affiches et ridiculisent les opposants politiques comme j'en ai été victime lors de ce mouvement...

MÉTHODES STALINIENNES

Ils agissent en véritables petits staliniens représentatifs de la classe formoise.

Leur système cache en fait une volonté de ne pas élargir le mouvement aux plus pauvres en s'appuyant sur les éléments les plus conformistes des prétendus "rebelles".

Le Havre a sans doute été une des villes où on a atteint le summum de l'anti-démocratie au regard des informations que j'ai pu avoir sur Indymédia. Mais la démocratie ne pouvait être totale sans l'instauration d'un système de délégation révocable.

DÉLÉGATION RÉVOCABLE

Le système de délégation consiste à ce que chaque délégué soit responsable devant les 25 personnes qui l'ont choisi.

Ces délégués-là sont révocables; c'est-à-dire que si une personne dans les 25 décide de se retirer de la liste du délégué en question, le délégué ne le sera plus. Il se retrouvera dans l'obligation de retrouver une autre personne de façon à avoir 25 personnes sur sa liste.

Ces système est pyramidale. C'est-à-dire que les délégués du premier degré choisiront les délégués du second degré qui choisiront ceux du 3e degré et cela jusqu'au degré qui constitue le gouvernement mondial.

Concernant le blocage des facs, on retrouve le même phénomène d'exclusion des pauvres et de sclérose du mouvement par la monopolisation d'une salle par le groupe "comité". Toute les autres salles de l'université sont inaccessibles, inaccessibles à la population !!! à tous ceux qu'on prive de savoir par l'exclusion de l'université !!! Alors que toutes ses salles pourraient servir à organiser des débats, à projeter des films documentaires....

 

NON AU BLOCAGE DES FACS

OUI A L'OCCUPATION DES LOCAUX !!!

 

Nous saluons la revendication de l'université de Nanterre : "ouverture de l'université à tous les sans facs".

Mais commençons donc par les inviter pendant le mouvement, à commencer par tous les jeunes exclus du bac.

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Proposition de revendications pour un combat égalitariste

 

- délégation et révocabilité des délégués

 

- Troupes françaises hors d'Afrique

 

_ 1000 euros pour tous les terriens

 

 

 

 

 JULIE AMADIS

10/11/07 20:52

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