TRAJET DE LA LUMIÈRE ET MATÉRIALISME
Yanick Toutain
(novembre 2005)
(Ce texte de 2005 est laissé inachevé pour des raisons épistémologiques : il appartient aux lecteurs de trouver les résultats finaux - finauds qu'ils seront)
La découverte de la vitesse de la lumière a posé un problème insoluble aux partisans idéalistes de l'évêque Berkeley. En effet, si la "réalité" doit se résumer à ce que nos sens perçoivent, quel est donc ce Soleil que je perçois ?
La découverte par
Römer que la vitesse de la lumière est d'environ 300 000 kilomètres par seconde (1 milliard de kilomètres à l'heure) a imposé à tous les scientifiques d'admettre que la lumière du Soleil a mis 500 secondes pour nous parvenir, à accepter que le Soleil qu'il voit date de 8 minutes.Alors ?
Alors, on a, là, un exemple typique de constat qui laisse un matérialiste de marbre : Ce n'est que simple exemple de décalage entre le monde réel, matériel et la perception que nous en avons.
Alors que l'idéaliste - comme sa variante zoologique empiriocriticiste - lui, y voit un problème majeur : quelle est donc la réalité ? Que va-t-il appeler réalité ? Est-ce sa perception ? Est-il possible de considérer - horreur ! - que ce Soleil vieux de 8 minutes serait la réalité ?
De la même façon, pour l'idéaliste et son frère jumeau empiriste, quel est le présent ?
Le matérialiste, lui, sait que, 8 minutes auparavant, il s'apprêtait à quitter sa maison pour sortir dans le jardin ou dans la rue, et que, au même moment, des photons quittaient la surface du Soleil pour faire un voyage de 150 millions de kilomètres dans l'espace. Il sait que, 8 minutes plus tard, ces mêmes photons viennent lui chatouiller la rétine.
Pour le matérialiste, il y a donc deux présents successifs : Le premier présent se déroulait au moment où les photons quittaient le Soleil et où l'observateur s'apprêtait à quitter l'ombre de la maison ; le deuxième présent se déroule au moment où les photons arrivent sur Terre dans les yeux de l'observateur.
Le matérialiste sait aussi qu'à l'instant présent il se passe dans l'Univers des milliards d'évènements dont il n'aura connaissance qu'après un certain délai : S'il parle avec un interlocuteur situé en face de lui, à une distance de 1 mètre, 3 milliardièmes de secondes suffiront aux photons pour cogner le visage de son vis à vis et parvenir à ses yeux. La lumière du phare qui se trouve mille fois plus loin, à un kilomètre du lieu de leur discussion, mettra, elle, 3 millionièmes de seconde. Quant à la lumière en provenance de la Lune, les 384 400 kilomètres qu'elle aura à parcourir dans l'espace vide dureront un peu plus de une seconde. La Lune que je vois, à cet instant, est donc VIEILLE de 1 seconde. Ce n'est pas la Lune actuelle que je vois. Celle-là, il faudra attendre une seconde de plus pour vérifier ce qui s'y est passé.
Tout ce qui précède est aisément compréhensible par un enfant de 8 ans. Lorsqu'il s'amuse à crier, lorsqu'il est à la montagne, pour déclencher un écho, un enfant peut même constater qu'il y a un décalage entre le moment où il pousse son cri et celui où le cri lui revient après avoir heurté la montagne d'en face. Que le son soit un signal, une vibration de l'air analogue à une vague qui part d'un côté du bassin pour revenir après avoir heurté l'autre côté ne change rien à l'affaire. Un photon est une particule identique au messager qui part du champ de bataille pour venir annoncer à la capitale l'issue de celle ci : Victoire ou défaite ! Il y a un décalage dans le temps entre la fin de la bataille et son annonce à Paris.
Mais, pour le matérialiste, comme pour l'enfant, une évidence est claire et nette : Au moment où le cavalier apporte à Paris la nouvelle de la victoire de Jemmapes en 1792, il s'est écoulé plusieurs heures et sur le champ de bataille, on a eu le temps de ramasser, par dizaines, les corps des soldats français victimes des bouchers au service des rois étrangers.
On peut donc facilement imaginer la crise majeure qu'a déclenché, dans le cerveau obtus des idéalistes, ce constat de la vitesse de la lumière.
Pour vous en convaincre, quittez ce texte l'espace de quelques minutes et trouvez un "scientifique", de préférence un diplômé, et mieux encore un physicien d'au moins bac+3. Posez lui une petite question toute simple:
"Lorsque je regarde le Soleil, est-ce que je le vois entier ?"
S'il renâcle à cette formulation, posez lui la même question sous une autre forme:
"Le Soleil que je vois, est-ce que je le vois tel qu'il est au même moment ?"
A ce stade, sa déformation empiristo-idéaliste, son ignorance de ce qu'est la VRAIE physique l'aura amené à vous prendre de haut. Laissez-le mariner dans son jus d'arrogance quelques secondes - minutes ? - et enchaînez en précisant:
"Le soleil, tel que je le vois, est formé de plusieurs parties, de plusieurs régions ?
(l'agacement du "néo-idéaliste" doit commencer à poindre)
- Sans doute ! Et en quoi ça me concerne ?
(ne vous laissez pas impressionner)
Quant au trajet du photon, il mesure la racine carrée de la différence entre le carré de la distance "centre Soleil - śil de l'observateur" et le carré du rayon, soit racine de (150 millions)˛ - (696 000)˛. Le résultat est 149,998 millions.
La différence entre les deux résultats est 0.694385 millions, c'est à dire 694 385 kilomètres. Soit 99.77 % de la mesure du rayon du Soleil. (Pour ceux qui veulent vérifier: appelons B le trajet du photon et r le rayon du Soleil; la différence entre les deux longueurs est égale à B + r - racine de (B˛+r˛)
Tu dois admettre que ton argument sur la taille du Soleil qui serait négligeable était erroné: c'est la distance qui est négligeable! En fait, plus l'observateur est loin du Soleil et plus on s'approche de la mesure du rayon.
Pour résumer, il y a 2,3 secondes d'écart !
[Cette phrase est un pur gag ! Un relativiste, même convaincu, ne prononce JAMAIS une phrase pareille !]
[A ce stade, je dois, impérativement, faire un aparté pour les générations futures: Oui, hélas oui, ce type de dialogue parfaitement crétin avait encore lieu au début du vingt et unième siècle: La relativité permettait de conserver un Soleil immobile 300 ans après Newton. Les ravages de Einstein et de ses épigones ont été totalement calamiteux dans les cerveaux humains pendant tout le vingtième siècle]
[A ce stade, il y a trois solutions. Pas quatre, trois ! La première, il vous envoie promener sous divers prétextes variés: la sociologie de la mauvaise foi "scientifique" en classera les typologies. La deuxième: vous êtes tombé sur la perle rare: A ce stade, laissez le faire, il prendra une feuille, refera tous les raisonnements, et trouvera peut-être les formules. La troisième solution est toujours le marais: vous allez ramer !]
YT Première frappe : 18 /11 /2005
(mise en page améliorée et notes : 30 décembre 2006)
À un mètre : 1 / 299792458 = env. 3.3 10-9 (on divise des mètres par des m s-1 et on obtient des secondes)
À un kilomètre : 1000 / 299792458 = env. 3.3 10-6 (s)
À cent mille kilomètres : 108 / 299792458 = env. 3.3 10-1 = 0.33 (s)
À 384 400 kilomètres : 384.4 106 / 299792458 = env. 1.28 (s)
À 696 000 kilomètres : 696 106 / 299792458 = env. 2.31 (s)